Partir sans cahier des charges, c’est partir sans carte routière
La plupart des TPE qui viennent nous voir disent : « Je veux un site web. » Pas de détails, pas de plans, pas de vision claire. Ça semble simple à l’oreille, mais c’est exactement le moment où les projets commencent à dériver.
Quand vous n’avez pas défini à l’avance qui vise le site, quel problème il résout, combien de pages/produits il aura, et quand il doit être en ligne, vous entrez dans la zone de tous les allers-retours possibles. Le devis explose. L’agenda glisse. Tout le monde est frustré.
Un cahier des charges c’est bête simple : 5 questions fondamentales :
- Qui sont les visiteurs cibles ? Artisans locaux ? PME B2B ? Grand public ? Chaque réponse change tout (design, contenu, fonctionnalités).
- Quel est l’objectif principal ? Vendre des produits, générer des contacts, partager de l’info, valider un marché ? Cela détermine la structure.
- Combien de pages/produits ? Site vitrine (5-10 pages) ou e-commerce (100+ produits) ? Les prix et délais diffèrent radicalement.
- Quel budget exact ? Entre et , tout est possible. Établir la fourchette claire économise des semaines d’échanges.
- Quand faut-il être en ligne ? Trois mois ou trois semaines ? Le calendrier cadence la priorité (content-first ou features-first).
Prendre 30 minutes pour répondre à ces cinq questions vous évite trois mois de flou. C’est l’investissement à zéro coût qui multiplie les chances de succès.
Choisir le prestataire sur le prix seul : une fausse économie
Vous avez trois devis. L’un est à , l’autre à , le troisième à . Naturellement, vous regardez le moins cher.
Voici ce que chiffre généralement dans un devis de création site web :
- Site vitrine WordPress basic (500-) : template générique, 5 pages fixes, zéro SEO, plugins de base. Votre site existe, c’est tout.
- Site vitrine WordPress pro (1500-) : design adapté à votre activité, 8-10 pages, formulaire de contact intégré, optimisation SEO initiale, hébergement 1 an inclus.
- Site e-commerce PrestaShop (3000-) : gestion produits, paiement en ligne, emails transactionnels, inventaire, SEO pour 100+ produits.
- Site sur-mesure (5000-+) : développement spécifique, API tierces, logique métier complexe, évolutivité long terme.
Le devis à oublie souvent : les révisions illimitées, le changement de textes, la migration (si vous aviez un ancien site), l’intégration Google Analytics, la mise en conformité RGPD. Vous les ferez découvrir à la facture 2.
J’ai souvent vu des TPE revenir trois mois apres avec un site « pas assez beau » ou « qu’on ne peut pas editer soi-meme ». Recommencer coute 50% plus cher que de bien faire la premiere fois.
La vraie question : quel est votre ROI attendu ? Si le site génère 50 contacts/mois à /contact = de chiffre en trois mois, investir c’est rentable en 45 jours. Investir dans un site qui ne génère rien, c’est perdre de l’argent.
Oublier le mobile dès la création : 60% des visiteurs abandonneront
Aujourd’hui, 60-70% du trafic web vient du téléphone. Si votre site n’est pas confortable sur mobile, vous perdez les deux tiers de vos visiteurs potentiels.
Le « responsive design » c’est pas un buzzword, c’est une obligation. Mais responsif ≠ juste « ça s’affiche ». Responsif c’est :
- Menu accessible au pouce, pas besoin de zoomer
- Boutons assez gros (48×48 pixels minimum), espacés
- Formulaires avec champs larges, pas trois colonnes qui s’empilent mal
- Images qui s’affichent proprement même sur petit écran, pas des blocs gris « image non chargée »
- Temps de chargement décent (< 3 secondes sur 4G)
La meilleure vérification : prenez votre téléphone, ouvrez votre site, et faites l’expérience simple d’un utilisateur. Essayez de remplir le formulaire de contact, de lire un article. Si vous devez zoomer, scroller de travers, ou attendre 5 secondes, votre client aussi.
WordPress with Divi, GeneratePress, ou Neve gère le mobile très bien par défaut. PrestaShop idem. La vraie erreur c’est de penser au mobile tardivement, après que le design desktop soit figé. Cela force des compromis.
Ignorer le SEO à la création, puis le regretter pendant des mois
Beaucoup pensent : « On lance le site. Après, on fait le SEO. »
C’est backward. Le SEO c’est pas une couche qu’on ajoute après. C’est des décisions prises en même temps que la création :
- Structure HTML : utiliser des titres H2, H3, H4 dans l’ordre logique (pas du design CSS). Google lit ça.
- Meta-descriptions : chaque page doit avoir une courte phrase (150-160 caractères) qui résume le contenu. C’est ce qu’on voit dans Google.
- Alt-text sur images : décrire l’image en texte. Google voit « image » pas « photo jolie ». Et c’est bon pour l’accessibilité.
- Sitemap XML : déclarer dans Search Console. Ça dit à Google « voilà mes pages, indexe-les ».
- Slug des pages : www.monsite.fr/vendre-en-ligne c’est mieux que www.monsite.fr/page-47 pour le SEO et pour l’utilisateur.
Les outils gratuits : Yoast SEO (plugin WordPress, version gratuite très correcte), Google Search Console (gratuit), Google PageSpeed Insights (gratuit).
Concrètement : lors de la rédaction du contenu de chaque page, ayez Yoast ouvert à côté. Ça vous dit « ta meta-description est trop courte », « ton titre principal manque de mots-clés ». Ça prend 10 minutes par page. Ça change tout après trois mois.
Lancer sans stratégie de contenu : la mort silencieuse
Vous lancez votre site. Parfait. Trois mois plus tard, les visites baissent. Vous avez publié… zéro article de blog. Zéro news. Zéro FAQ. Le site est « mort ».
Google aime le contenu frais. Les utilisateurs aussi. Un site sans mises à jour c’est un signal « ce type n’existe plus, son site non plus ».
Stratégie de contenu c’est simple :
- Identifiez 10 questions que posent vos clients. « Comment choisir un prestataire web ? », « Combien coûte un site ? », « WordPress ou sur-mesure ? ». Notez-les.
- Transformez chaque question en article. 800-1200 mots, réponse claire, honnête, avec des chiffres. Ça donne 10 articles.
- Publiez un article par mois. Minimum. Cela signale à Google que le site vit.
- Liez vos articles entre eux (maillage interne). Si l’article « combien coûte un site » mentionne WordPress, c’est un lien vers votre article « WordPress vs PrestaShop ».
- Nourrissez ces articles avec des cas réels. Pas des histoires fictives (« Imaginez Marie… »), mais des patterns vrais : « Imaginez un restaurateur a Toulouse qui veut attirer plus de reservations en ligne. Un article sur \ »comment choisir un systeme de reservation\ » repond directement a son besoin. »
Douze articles en un an, ça coûte en publicité. Et ça multiplie votre trafic organique par 2-3 après 6-12 mois.
Ce que j’ai constate sur le terrain : 1 article/mois, ca genere en general +30-40% de visites organiques en 6 mois. 2 articles/mois, on monte a +60-80%. Zero article = trafic stable ou baissant.
Checklist rapide avant de lancer
- Avez-vous un cahier des charges signé (objectif, audience, budget, délai) ?
- Avez-vous testé le site sur votre téléphone (menu, formulaire, images) ?
- Chaque page a-t-elle une meta-description unique ?
- Avez-vous un plan de 12 articles de blog pour l’année ?
- Votre sitemap XML est-il déclaré dans Google Search Console ?
- Votre hébergeur offre-t-il du support (pas d’hosting « zombie » à ) ?
Résumé : les vraies erreurs, c’est les non-décisions
Ces cinq erreurs ont un point commun : ce sont des non-décisions. Pas de cahier des charges = flou. Choisir sur prix = déléguer au hasard. Oublier mobile = espérer que ça suffira. Ignorer SEO = attendre que Google vienne tout seul. Zéro stratégie contenu = lancer et disparaître.
Un site qui réussit c’est : une direction claire (cahier des charges), un budget adapté (ni trop bas ni trop haut), un design inclusive (responsive), des fondations SEO (dès la création), et une routine éditoriale (12 articles/an).
Si vous ne savez pas par ou commencer, on peut simplement en discuter. Pas d’engagement, juste un echange pour clarifier votre vision.
Questions sur votre projet ? Contactez-moi. Votre vision merite mieux que des allers-retours couteux.


